Plan du Site et Accessibilité

Association Evasion Africaine - Echange de savoirs avec le Burkina Faso

Nos réalisations


Réalisations été 2005
rencontres au Burkina Faso


---Rencontres autour des médecines traditionnelles---

Importance de la médecine traditionnelle


Lors de ces différentes rencontres, à Poa, à Fada N'Gourma et à Bobo Dioulasso, nous avons pu avoir un aperçu de l'importance de la médecine traditionnelle au Burkina Faso.

En effet, le coût des soins (" modernes ") étant inapproprié à la majorité des Burkinabè, la plupart des gens vont consulter un guérisseur, qui peut être un marabout ou un tradipraticien.

Acteurs de la médecine traditionnelle


Le marabout est un guérisseur musulman, c'est-à-dire qu'il se sert de la religion et des plantes pour aider la personne lui rendant visite.
Certains n'utilisent que la médecine traditionnelle à base de plantes pour soigner un malade, la religion étant mise de côté… comme me l'a expliqué Adama Traoré, marabout que nous avons rencontré à Bobo Dioulasso.

Marabou à Bobo Dioulasso au Burkina Faso

Le tradipraticien est le guérisseur traditionnel. Il a appris son savoir de son père, qui l'a appris de son père…
Au Burkina Faso, contrairement au Bénin, il n'y a pas d'Ecole pour apprendre la médecine traditionnelle. Un des fils du tradipraticien, celui qui est ressenti pour la maîtrise de cet art médicinal, dès son plus jeune âge, reste au près de son père afin d'hériter son savoir.
Quand il est suffisamment âgé, il va seul chercher les plantes pour les préparations de son père. C'est ainsi, au fur et à mesure des années, que se fait l'apprentissage de la médecine traditionnelle…

Boukare Zougmore

Quand un enfant est malade, qu'on soit en ville ou au village, on fait appel aux " vieilles " qui connaissent de nombreux remèdes à base de plantes. Ce sont des infusions de plantes (feuilles, racines, écorces ou fleurs) qu'on peut boire, ou qu'on applique sur la zone endolorie, ou bien encore qui permet de se laver avec…
Cependant, si l'enfant est encore malade, malgré les soins apportés par les " vieilles ", on emmène l'enfant soit à l'hôpital, soit chez le tradipraticien, selon les moyens financiers de la famille…

Les 'vieilles' du Burkina Faso

Promotion de la médecine traditionnelle par l'état


Le tradipraticien tient donc une place essentielle dans la société burkinabé. L'état depuis quelques années, développe une politique de promotion de la médecine traditionnelle.
Ainsi, il a été créé au Ministère de la Santé une Direction des Services Pharmaceutiques et de la Pharmacopée Traditionnelle, qui élabore des textes permettant de définir la médecine traditionnelle, qui permet aux tradipraticiens de s'organiser en association, et qui organise des rencontres semestrielles pour faciliter les échanges médicinaux (notamment au sujet du SIDA)… dans le but d'arriver à une collaboration entre médecine traditionnelle et médecine moderne.

Au niveau de la Direction Régionale de la Santé Est de Fada N'Gourma, nous avons pu rencontrer le Directeur Général, Dr. Ousmane Badolo, nous a expliqué que tout ceci n'en était qu'à ses débuts et rencontre de nombreuses difficultés.
En effet, les tradipraticiens, encore très méfiants, ne veulent pas mettre à disposition des chercheurs leurs recettes. Ils sont encore retissant à l'idée d'une collaboration avec les chercheurs et leurs normes scientifiques.
Se pose alors la question de comment les amener à accepter les essais cliniques pour évaluer l'efficacité de leurs produits…

Actuellement, depuis trois ans, l'Etat a créé La Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle, qui regroupe les présidents des différentes associations de tradipraticiens afin d'échanger avec les chercheurs.
Les tradipraticiens y reçoivent également des informations sanitaires, par exemple, sur la façon d'enlever les plantes, d'emballer les plantes et les préparations, ou encore sur la façon de réaliser un mode d'emploi, ou encore sur la notion de péremption d'un produit…

Cahier de rencontres avec les tradipraticiens et herbier


Aussi, dans notre "cahier de rencontres avec les tradipraticiens et herbier", nous avons restitué toutes ces rencontres, avec les échanges que nous avons eu.
Certains tradipraticiens nous ont emmené en brousse pour chercher des plantes médicinales, comme eux le faisaient quand ils étaient petits avec leur père… D'autres nous ont donné un peu de leur préparation qui soigne les dents, afin qu'on teste l'efficacité en France… La majorité nous a montré leurs produits ou les plantes qu'ils utilisaient en nous expliquant plus ou moins brièvement le mode d'emploi, ou la recette…